Dans cet épisode, Alexandre Borycki, président de l’association Mémoires du Convoi 6 et des Camps du Loiret, explique les racines de son engagement pour la mémoire.
Imprégné des traumatismes vécus par ses parents et grands-parents, survivants de l’holocauste, il s’est engagé dans l’association Mémoires du Convoi 6, convoi dans lequel se trouvait son grand-père.
Créée il y a 24 ans, l’association a vu le jour suite au désir des survivants et de leurs descendants de connaître le sort des personnes transportées dans ce convoi, parti de Pithiviers vers Auschwitz.
Rendre un visage aux déportés et montrer la vision des enfants
« L’idée, c’était de rendre un visage aux déportés et donc nous demandions systématiquement aux familles de nous donner une photo de la personne déportée et de raconter l’histoire de ces déportés avant-guerre (…) On ne voulait pas que la vie de ces déportés se réduise à leur arrestation », souligne Alexandre Borycki.
Il explique qu’un des objectifs poursuivi par les membres de l’association était de montrer « la vision des enfants, comment ils avaient vécu l’arrestation de leurs parents, la non-présence, le départ, la déportation, le retour ou le non-retour après la guerre ».
17 juillet 1942 : vague d’arrestations et déportations
« J’ai eu la chance que mon grand-père fasse partie des rescapés », dit-il. Interné dans le camp de Pithiviers dans le Loiret suite à la « Convocation du billet vert » du 14 mai 1941, le grand-père d’Alexandre Borycki est finalement déporté le 17 juillet 1942 vers Auschwitz à bord du Convoi numéro 6 avec 927 autres personnes. Cette date reste gravée dans la mémoire collective puisque le même jour une vague d’arrestation de juifs d’une ampleur inédite a lieu dans la région parisienne, région où vit une majorité de juifs de France.
La mère et la grand-mère d’Alexandre sont passées à travers les filets de la police grâce à l’intervention de Justes qui les ont cachées jusqu’à la fin de la guerre. A la libération, son grand-père revient à Paris. Il a survécu aux camps de la mort. Il s’est donné pour mission de témoigner.
Transmettre la mémoire
Son petit-fils Alexandre, devenu président de l’association Mémoires du Convoi 6 et des Camps du Loiret, reprendra le travail de transmission de la mémoire commencé par son grand-père. Il raconte que grâce aux recherches des membres de l’association, 99 personnes faisant partie du même convoi ont pu être retrouvées après la guerre.

« Je suis un traumatisé de la Troisième Génération. J’ai vécu avec toutes ces histoires et donc j’avais cette histoire à porter sur mes épaules, ce qui m’a amené à m’investir dans la mémoire très jeune », affirme-t-il. Pour lui, l’histoire de la Shoah « est porteuse d’un message : un message de tolérance, de vivre ensemble et d’un message de citoyens. Il ne faut jamais laisser gagner l’intolérance et la haine de l’autre ».
Ci-dessus : Alexandre Borycki, président de l’association Mémoires du Convoi 6 et des Camps du Loiret
L’interview avec Alexandre Borycki
Pour écouter l’interview d’Alexandre Borycki :
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