EPISODE 25 : Une réunion suivie d’un petit-déjeuner dans une villa au bord d’un lac

Une magnifique maison au bord du lac de Wannsee : C’est dans ce cadre idyllique que 15 dirigeants nazis se sont retrouvés le 20 janvier 1942 pour décider d’accélérer l’extermination des juifs en Europe.

Dans cet épisode, Anna Stocker, responsable des relations internationales pour le département éducation et recherche à la Maison de la Conférence de Wannsee, explique que 15 dirigeants nazis se sont réunis ici le 20 janvier 1942 avec un objectif : exterminer 11 millions de juifs en Europe.

Autour d’une table au sein même de cette villa, de hauts-fonctionnaires du Reich discutent de la « Solution Finale », ou plus précisément comment organiser la déportation massive et l’extermination des juifs en Europe.

Reinhard Heydrich, chef d’orchestre de la « Solution Finale »

Pour Reinhard Heydrich, qui chapeaute la Conférence de Wannsee, il s’agissait avant tout d’accélérer le rythme de leur exécution, qui n’allait pas assez vite à son goût. La même année, en 1942, Reinhard Heydrich était à l’origine de « l’Opération Reinhard », c’est à dire l’extermination systématique de juifs à Belzec, Sobibor et Treblinka. Mais pour les nazis, il fallait accélérer le processus. Pour ce faire, de hauts fonctionnaires de l’administration nazie devaient discuter afin de préparer les différentes étapes d’une extermination des juifs qui se voulait massive et systématique, explique Anna Stocker.

Elle souligne le caractère très bureaucratique, très distant de la réunion et de l’ambiguïté du langage utilisé par les dirigeants nazis, qui préfèrent parler d’ »évacuation » des juifs.

Une réunion « assez sympathique »

Plus connue sous le nom de Conférence de Wannsee, cette réunion de 90 minutes suivie d’un petit-déjeuner était, selon le responsable de l’organisation de la Solution Finale Adolf Eichmann, « assez sympathique ». « On a parlé très tranquillement, on a bu du café et du cognac, on a mangé des petits fours et on a parlé de tuer 11 millions de juifs », a-t-il dit lors de son procès en 1961 à Jérusalem. 

Anna Stocker raconte que seul le protocole de Martin Luther, représentant du Ministère des Affaires Étrangères à la Conférence, n’a pas été détruit. Ce document, qui constitue désormais l’une des preuves de la planification du génocide des juifs en Europe, prévoyait de tuer 11 millions de juifs dans toute l’Europe. 

Selon Anna Stocker, Martin Luther, chargé des relations avec les pays étrangers, estimait que « les français allaient travailler avec nous », mais qu’il « fallait faire attention avec certains pays nordiques ». Il faisait référence au Danemark, pays qui s’est opposé à la déportation des juifs et qui a aidé à ce que les juifs puissent fuir en Suède, souligne-t-elle.

L’interview avec Anna Stocker

Pour écouter l’interview avec Anna Stocker, cliquez ci-dessous :

https://www.podcastics.com/podcast/episode/episode-25-une-reunion-suivie-dun-petit-dejeuner-dans-une-villa-au-bord-dun-lac-343500